Taux de chômage en Suisse: sommes-nous trop vieux pour travailler après 50 ans?

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Les statistiques officielles publiées en février 2016 concernant le taux de chômage en Suisse montrent que, l’année dernière, le nombre de chômeurs âgés entre 50 et 64 ans a bien plus augmenté que le groupe des 25-49 ans.

Alors que le segment des seniors est la cible rêvée des agences de voyage, des agents immobiliers proposant des résidences secondaires ou des compagnies d’assurance, les employeurs en Suisse semblent rechigner à recruter du personnel de cette tranche d’âge. Cette situation devrait-elle tous nous préoccuper ?

Bien que de nombreux pays condamnent la discrimination, en Suisse, la pratique qui consiste à indiquer son âge sur son CV se perpétue. Par ailleurs, pour ceux qui pensaient l’éviter, la nécessité de présenter les certificats de travail des postes précédents implique la présence automatique de la date de naissance. En conclusion, du moins en Suisse, il est impossible d’éviter la question de l’âge du candidat.

De plus, même si les entreprises n’admettent pas ouvertement que l’âge du candidat a été un facteur décisif, mon expérience personnelle témoigne qu’il s’agit d’un critère crucial dans le processus de recrutement. Après tout, il faut savoir faire preuve d’une grande confiance et d’une solide estime de soi pour employer un membre d’équipe qui a plus d’expérience que le supérieur hiérarchique. Ensuite, il y a peut-être aussi une appréhension quant à la possible intégration d’une personne plus âgée au sein d’une équipe formée de jeunes recrues. Enfin, il peut arriver que l’employeur refuse de proposer un salaire plus bas au candidat (même si ce dernier s’accorde à l’accepter). Dans ma fonction de recruteur / coach de carrière, j’ai pu entendre toutes les raisons citées précédemment à l’heure de justifier la décision de ne pas engager un candidat qui, bien que plus qualifié, était aussi plus âgé que les autres.

En tant que responsable du recrutement, que pouvez-vous faire ?

Il est clair que la responsabilité de rester attractif aux yeux des recruteurs incombe au candidat qui doit faire valoir les compétences adéquates, une expérience aguerrie et une flexibilité à toutes épreuves pour s’adapter au marché en constante mutation. Cependant, ce seul effort ne suffira pas à faire évoluer la situation actuelle en Suisse.

  • Accueillez la diversité

Les organisations mettent de plus en plus en avant les avantages de la diversité du personnel : tirer parti de la diversité au travail est synonyme de vitalité stratégique et contribue à créer un avantage concurrentiel. Cependant, incluez-vous également l’âge parmi les critères de diversité ? Assurez-vous que vos facteurs décisifs, lors du processus de recrutement, sont les compétences et l’expérience et non l’âge du candidat.

  • Embrassez l’expérience

L’expérience va de pair avec la valeur ajoutée : c’est la connaissance de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Lorsque j’analyse mes échecs passés, je sais que je ne répèterai pas les mêmes erreurs. Écouter et apprendre des personnes qui ont déjà vécu ce genre de situation peut améliorer considérablement la productivité et l’efficacité. En tant que responsable du recrutement, ne soyez pas accablé par l’expérience d’un candidat, sachez que l’expérience passée utilisée à bon escient peut avoir des conséquences positives sur la performance et celle de l’organisation.

  • Comprenez les motivations de chacun

Lorsque nous vieillissons, en général une fois les cinquante ans passés, nos priorités évoluent. L’ambition et la volonté ardentes de réussite à tout prix peuvent diminuer et c’est bien souvent le besoin de faire la différence qui prend le relai. Nous cherchons davantage à transmettre notre savoir et à témoigner de notre expérience aux autres pour qu’ils puissent bénéficier de notre sagesse. En tenant compte de cet état d’esprit, il est facile de comprendre pourquoi les candidats de plus de 50 ans s’accordent à accepter des rôles et responsabilités qui peuvent paraître, d’un point de vue extérieur, sous-évalués. Prenez le temps de comprendre la motivation du candidat. N’assumez pas savoir ce qu’il y a de mieux pour lui.

  • Faites la différence

Personne n’arrête le temps qui passe. Si, pour quelque raison que ce soit, vous n’êtes pas enclin à engager un candidat de plus de 50 ans, rappelez-vous qu’un jour vous ferez vous-même partie de cette catégorie de travailleurs. Gardez l’esprit ouvert. Reconnaissez les avantages qu’une politique de recrutement plus ouverte peut apporter. Toute action que vous prenez dès à présent pour combattre la discrimination des séniors vous aidera personnellement dans le futur.

Vous pensez éventuellement que les problèmes pour trouver du travail commencent un peu plus tard, sans doute entre 54 et 57 ans. Ou peut-être faites-vous la différence entre les candidats et les candidates. Ou encore entre les différents secteurs ou services. C’est parfois le cas. Cependant, ne vous perdez pas dans ces détails qui vous éloignent de l’argument clé : l’âge est un facteur décisif de recrutement en Suisse.

Relevez le défi de reconsidérer les cv des candidats les plus qualifiés qui ont été mis de côté en raison de leur âge. Concentrez-vous sur les avantages qu’ils peuvent apporter à votre organisation. Embrassez la diversité et ainsi, faites la différence.

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